Diversité chez Siriano, noirceur chez Wang

(AFP) - Pour son dernier défilé avant de quitter la Fashion Week, le créateur Alexander Wang a mis en scène samedi une collection très noire, aux allures martiales, quand Christian Siriano a lui célébré, une fois de plus, la diversité.
Une collection s'inspirant des films d'anticipation chez Alexander Wang

Enfant chéri de la mode new-yorkaise, Alexander Wang a choisi de décaler son calendrier, et défilera désormais en juin et décembre, mais plus en septembre et février lors de la Fashion Week.

Avant de quitter la semaine qu'il fréquente depuis plus de 11 ans, l'ancien directeur artistique de Balenciaga a dévoilé une collection dont les personnages rappelaient plusieurs films d'anticipation et de science-fiction.

Ces jeunes femmes en long manteau noir zébrés de fermetures éclairs conviaient tantôt Dark Vador, tantôt Neo ou Trinity de Matrix, en particulier avec ces lunettes noirs que beaucoup arboraient.

Après avoir organisé un défilé dans la rue, puis un autre dans un théâtre abandonné de Harlem, Alexander Wang avait cette fois choisi un immeuble sans charme de Times Square.

L'espace où s'est déroulé le défilé était typique d'un open space de bureau, au gris triste, pour une collection axée sur l'univers professionnel tel que fantasmé par le créateur.

Malgré son air austère, ses cheveux tirés par une grande pince et son goût pour le noir, la businesswoman version Wang ne passerait sans doute pas inaperçue dans un vrai open space, avec ses robes, ses jupes ou ses shorts très courts, ses fermetures éclair en pagaille et ses échancrures osées.

Toutes les femmes chez Siriano

Les modèles de Christian Siriano se remarquent également, mais plutôt parce qu'ils tranchent avec les canons des podiums de la mode, à New York ou ailleurs. Son défilé de samedi, devant plusieurs actrices et célébrités, a fait la part belle aux mannequins grandes tailles.

A commencer par la plus célèbre d'entre elles, Ashley Graham, qui a ouvert le bal dans une long manteau de fausse fourrure, aussi rouge que la moquette de la grande loge maçonnique de Manhattan qui accueillait ce défilé placé sous le signe d'« un dîner royal ».

D'autres encore incarnaient la diversité dont Siriano s'est régulièrement fait le porte-parole lors de la Semaine de la mode new-yorkaise: il y avait aussi la mannequin « plus-size » noire Precious Lee, la mannequin transgenre Avie Acosta, ou l'actrice Danielle Brooks, de la série Orange is the new black, très applaudie, et même quelques hommes.

Les tenues pour l'automne/hiver 2018 étaient un feu d'artifice de matières et de couleurs jouant avec la lumière, avec notamment une longue série de robes de bal, noires couvertes d'étoiles scintillantes, bleu nuit imprimées de grandes fleurs, ou rouge vif accompagnées d'une longue traîne à volants.

D'autres tenues étaient plus austères, telle une robe noire couvrant le corps du col aux chevilles, transcendée par de grands rubans rouges ondulés sur les manches.

Les cowboys noirs de Pyer Moss

Dans un registre très différent, le créateur de la maison Pyer Moss, Kerby Jean-Raymond, a offert à New York samdi une collection très inspirée, qui rend hommage à l'apport des minorités à l'histoire des Etats-Unis.

Pour rappeler que les Noirs ont représenté une part importante du contingent des cowboys américains, il a repris et détourné les codes du western, jusqu'à introduire de la féminité dans ces vêtements considérés comme typiquement masculins.

Kerby Jean-Raymond, Américain d'origine haïtienne, compte décliner ce concept lors de futures collections pour célébrer la véritable histoire de son pays.

Plein, la fête avant tout 

La soirée de samedi a été clôturée par le créateur allemand Philipp Plein, qui a de nouveau fait le spectacle avec un show organisé dans les anciens chantiers navals de Brooklyn.

Les invités ont été accueillis avec de la fausse neige, un décor en aluminium et un robot style Transformer qui a marché, main dans la main, avec un mannequin habillé en chat et sorti d'une vaisseau spatial.

Comme à l'habitude, l'événement valait plus par le décor et l'ambiance que pour la collection elle-même, avec des combinaisons de ski moulantes ou des pulls à capuche siglés Playboy.

Rag and Bone

A l'opposé de cette stratégie de l'excès, le Britannique Marcus Wainwright, aux commandes de Rag & Bone, a, lui, renoncé au défilé, et invite à venir voir sa collection dans ses bureaux de New York.

Pour accompagner cette ligne, la maison a réalisé un film à la gloire de la liberté de mouvement, coréalisé par le danseur et chorégraphe français Benjamin Millepied

Dans une récente interview au Los Angeles Times, Marcus Wainwright soulignait combien les défilés lui semblaient « dépassés et déconnectés », même si avoir la « liberté complète » de créer quelque chose d'autre entraîne aussi « beaucoup de pression et de stress ».

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 AFP-Relaxnews.

Mode - Prêt-à-porterLuxe - Prêt-à-porterDéfilés