Inditex engrange des profits record mais ralentit sa croissance

Si de nombreux signaux sont au vert en 2017 pour le géant de l’habillement, celui-ci ne progresse pas aussi vite que l’an passé. Ses ventes n’ont jamais été aussi élevées, à 25,3 milliards d’euros générés sur l’année écoulée (+ 9%), mais la progression de son activité à périmètre comparable ralentit : elle enregistre ainsi une hausse de 5 %, alors que celle-ci était de 10 % en 2016 et de 8,5 % en 2015. Son bénéfice net s’établit d’autre part à 3,4 milliards d’euros, soit une progression de 7 %, contre 10 % en 2016. La transformation omnicanale du groupe, déjà bien entamée, doit permettre à Inditex de capitaliser sur des expériences d’achat se démarquant du magasin classique, porteuses de croissance.


Zara expérimente la réalité augmentée dans 120 de ses flagships - Inditex

Le propriétaire de Zara, Pull&Bear, Osyho ou encore Massimo Dutti, dévoile pour la première fois la part des revenus dégagés par ses différents e-shops, alors qu’elle lance ce jour même ses plateformes de vente en ligne en Australie et en Nouvelle-Zélande. Son activité e-commerce a ainsi  bondi de 41 % en 2017 pour atteindre aujourd’hui 10 % des ventes totales du géant ibérique, soit environ 2,5 milliards d’euros (et 2,5 milliards de visites sur ses sites !). Sur l’année écoulée, la vente en ligne ont débuté en Inde, en Thaïlande, au Vietnam, en Malaisie et à Singapour.

Si Inditex résiste bien à la morosité de la consommation mode ressentie dans plusieurs pays, il a massivement investi dans son chantier de modèle intégré, combinant points de vente et e-commerce. Le groupe a consacré ces dernières années 1,5 milliard d’euros en ce sens. Par exemple, la pose d’étiquettes RFID (permettant de mieux répertorier et tracer les porduits) a été étendue à tout le réseau Zara en 2017, et débarque chez Massimo Dutti et Pull&Bear en 2018. Ces étiquettes devraient équiper tous les produits du groupe d’ici 2020.


Les bornes de paiements que les clients peuvent utiliser seuls. - Inditex

Inditex cherche aussi de nouvelles solutions liant e-commerce et présence physique : un format Zara uniquement dédié à la prise et à la livraison de commande est actuellement en test à Londres, alors que le click&collect par le biais de points de retrait automatisés et la présence de bornes de paiement en libre-service vont être généralisés en magasin. En outre, la livraison le même jour a été expérimentée en 2017 dans 7 grandes villes du monde.

Cette vaste réflexion passe aussi par une optimisation du parc de magasins existant, qui s’est intensifiée : le réseau mondial de 7 475 points de vente a enregistré 183 ouvertures nettes en 2017. Mais ce dernier chiffre est à détailler, puisque 524 magasins ont été inaugurés sur la période, tandis que 341 petites surfaces ont été fermées ou absorbées (contre seulement 165 en 2016). D’autre part, 144 unités ont été agrandies, dans l’optique pour Inditex de miser toujours plus sur de larges formats, et 122 autres ont été rénovés. Sur les six dernières années, le groupe aurait remis au goût du jour 80 % de son parc.

« Ces dernières années, les investissements précurseurs réalisés dans les domaines des nouvelles technologies et de la logistique, associés à l'optimisation de l'espace de vente, ont permis à l'entreprise de poursuivre sa croissance sur tous ses marchés », a commenté Pablo Isla, le PDG de la société. Afin de poursuivre cette transformation digitale, ce dernier a annoncé en marge des résultats la promotion de Carlos Crespo, qui était jusqu’ici responsable de l’audit interne, au poste de directeur des opérations (COO). Il aura la responsabilité de coordonner la logistique, les services informatiques, les achats, ainsi que le développement durable.
 
Si l’on détaille les ventes par enseigne, la plus forte croissance est à mettre à l’actif de la marque de dessous Oysho (+12 %), à 570 millions d’euros, et Pull&Bear (+12 %, 1,7 milliard d’euros), devant Bershka (+11 %, 2,2 milliards d’euros). La locomotive Zara, qui représente 65 % de l’activité du groupe, croît de 8 % (16,6 milliards d’euros).  

Le géant espagnol se montre déjà confiant pour 2018, affirmant que ses ventes en monnaies locales ont crû de 9 % entre le 1er février et le 11 mars. Il poursuivra c’est certain sa politique de remodelage du parc, puisque entre 350 et 400 ouvertures sont programmées, de même que 200 fermetures ou absorptions.

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