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8 oct. 2021
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Au salon Big, la mode se trace un avenir durable et digital

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8 oct. 2021

Durabilité, transparence ou encore vêtements virtuels… Pour plusieurs acteurs de la mode présents lors de la conférence "Marques de mode: quels business models pour le monde de demain?" du salon Big organisée par BPI France ce jeudi 7 octobre à l’Accor Arena de Bercy, le futur de la mode sera centré sur deux enjeux fondamentaux: la durabilité et la digitalisation. 


De gauche à droite : Benjamin Simmenauer, professeur à l'Institut français de la mode ; Julie-Marlène Pelissier, sustainability manager chez H&M ; Charlotte Dereux, fondatrice de Patine ; Sébastien Kopp, co-fondateur de Veja - Bpi France


La mode sera durable ou ne sera pas



Face aux problématiques environnementales et sociales, ainsi qu’à la demande croissante de transparence de la part des consommateurs, les marques de mode travaillent activement au développement de leur démarche écoresponsable.

Un enjeu pour les labels de fast fashion, qui doivent allier positionnement et engagement: "depuis sa création, H&M souhaite démocratiser la mode et la rendre accessible à tous. C’est un projet que nous avons également avec le secteur de la mode écoresponsable", déclare Julie-Marlène Pelissier, sustainability manager chez H&M. 

La transparence et la circularité est, selon elle, avant tout une affaire d’innovation: "il faut trouver de nouvelles matières plus écologiques, des technologies permettant le recyclage des vêtements, d’autres business models tels que la location ou la seconde main, mais également accompagner les clients sur les enjeux d’entretien et de réparation du vêtement", ajoute-t-elle. 

Selon Charlotte Dereux, fondatrice de la marque de prêt-à-porter Patine, il est également nécessaire de revaloriser la mode responsable et la rendre attirante auprès des clients. Une stratégie qu’elle associe à une nouvelle façon de communiquer et de se développer: "Nous devons accepter une croissance raisonnée, se construire lentement une communauté, sans publicité, afin de créer une vraie connexion avec les consommateurs à travers un bouche-à-oreille positif", décrit-elle.

Un avis que partage Sébastien Kopp, co-fondateur de Veja, marque française de baskets écologiques, qui, quant à lui, estime qu’un travail est à effectuer auprès des actionnaires: "le système capitaliste empêche parfois les gens de mener à bien des projets. (…) Ceux qui décident vraiment sont les actionnaires", déclare-t-il. Selon lui, ils ont un grand rôle à jouer dans l’impulsion du changement vers l’écoresponsabilité, en acceptant de délaisser une partie de leurs attentes de rentabilité, pour laisser place à l’effort écologique et social.

Seconde main et vêtements virtuels: le digital comme outil d’expansion



L’écoresponsabilité n’est pas le seul axe de changement au sein de l’industrie de la mode: le digital prend également part au développement de nouvelles stratégies au sein des marques, notamment dans le secteur de la seconde main.

"Nous ne pouvons pas ignorer ce marché qui pèse 1,16 milliard d’euros. En 2018, 16% des gens achetaient en seconde main, aujourd’hui ce chiffre est monté à 29% » déclare Alexandra Nervi, responsable digitale chez Jacquemus. "Les marques qui voient défiler leurs produits sur les plateformes de seconde main se demandent aujourd’hui comment prendre part à ce marché", a-t-elle ajouté.

Ainsi, plusieurs acteurs de l’industrie se lancent sur le secteur tels que la marque de prêt-à-porter premium Ba&sh, qui a notamment lancé sa plateforme intitulée "Resell", qui permet aux clientes de revendre leurs vêtements usagés grâce un site dédié. Un moyen pour la griffe de garder le contrôle sur la circulation de ses pièces, tout en s’imposant sur un marché grandissant. 

Le digital donne aussi naissance à de nouveaux modèles de produits tels que les vêtements virtuels, qui se développent de plus en plus à travers l’essor de la réalité augmentée et des jeux-vidéos.

"La clientèle nous a précédé sur ce marché", raconte Nicolas Santi-Weil, PDG de la marque de prêt-à-porter haut de gamme Ami, "ils ont eux-même créé des pièces Ami virtuelles, afin d’habiller leur avatar dans le jeu-vidéo Animal Crossing".

Un phénomène qui séduit donc les consommateurs et qui continue de s’étendre au sein du secteur, comme le démontre la dernière collaboration de la marque de luxe Balenciaga, avec le jeu en ligne Fortnite, révélée en septembre dernier. 

Des défis de taille sont donc lancés aux acteurs de la mode, qui vont devoir adopter ces nouvelles tendances à la fois écologiques et technologiques, tout en restant fidèle à leur positionnement et leur identité.
 

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