×
Publié le
16 janv. 2022
Temps de lecture
5 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Milan dévoile un homme versatile avec Philipp Plein, Magliano et Justin Gall

Publié le
16 janv. 2022

Au troisième jour des défilés milanais s'esquisse un vestiaire masculin toujours moins homologué. Entre la tradition sartoriale italienne, le sportwear évolué ou l’envie de s’exprimer en-dehors des diktats du genre, les collections pour l’automne-hiver 2022-23  révèlent les personnalités les plus disparates de l’homme. A l’instar du style festif et arty-pop de Philipp Plein, celui nonchalant et interlope de Luca Magliano et de l'esprit guerrier urbain futuriste de Justin Gall.

Justin Gall, automne-hiver 2022-23 - DR


Ce dernier a notamment marqué les esprits dimanche soir avec une collection puissante. En particulier, via des silhouettes Bibendum avec d'épaisses doudounes et pantalons de duvet évasés couvrant tout le corps, ou encore ces looks de "Yeti" avec combinaisons-cagoules et tuniques à poils longs. La marque de menswear romaine Gall, qui prend cette saison le nom de son designer Justin Gall, défilait pour la toute première fois à Milan, dévoilant son monde dystopique. Lunettes noires, capuches et cols montants cachant la moitié de leur visage, les mannequins, tous équipés d’un anorak accroché dans le dos, sont bardés dans des tenues volumineuses, tels les derniers survivants post-apocalypse d’une zone aride et glaciale.

Le label, qui s’est fait remarquer par son style à grand impact lors de la première Fashion Week digitale de Milan en juillet 2020, poursuit son exploration dans l’univers des vêtements d'extérieur avec ses imposantes tenues de survie multifonctions pour affronter un monde extérieur toujours plus hostile. "J’adore dessiner l’outerwear. C’est ma passion. Pour moi, c’est un vrai défi, car c’est complexe d’arriver à construire une silhouette protectrice. Le passé ne m’intéresse pas. Il est plus intéressant à créer quelque chose de nouveau. Je dessine pour le futur", nous confie le designer californien de 35 ans, consultant pour des marques de sportswear, qui après sept ans à New York est venu s’installer à Rome en 2014 pour y fonder sa maison avec Chiara Nardelli, sa partenaire à la scène comme à la ville.

Son vestiaire au style actif de combattant urbain est composé de pantalons caleçons, coupe-vent simili parkas truffés de poches et zips et blousons avec poche zippée dans le dos, taillés dans des tissus techniques ultra-performants aux propriétés innovantes, comme ces nylons qui peuvent se modifier avec les mouvements du corps, ce tissu cendré et froissé, ou cet autre avec des effets de teinture ternie. Les vêtements sont tous fonctionnels et modulables s’imbriquant les uns dans les autres: gilets, vestes, manches amovibles et jusqu'à la capuche se prolongeant en une écharpe droite, telle une étole religieuse, dotée de poches cachées.

Les tenues en faux cuir et les ensembles kaki style militaire complètent le vestiaire. Aux toiles de coton, nylons et laine vierge s’ajoutent cette saison le feutre et le velours à grosses côtes, qui s’s’insèrent dans des manteaux longs. Positionnée dans un moyen haut de gamme avec des prix allant de 90 à 1.200 euros, la marque est distribuée à travers une vingtaine de revendeurs entre les Etats-Unis, l’Italie, Berlin et Moscou.

Philipp Plein, automne-hiver 2022-23 - DR


Chez Philipp Plein, le dress code impose un masque noir (distribué à l’entrée du défilé pour qui aurait eu le mauvais goût de se présenter avec un masque blanc). La marque de luxe fondée en Suisse en 1999 par le designer allemand éponyme a fait son come-back vendredi soir sur les podiums milanais avec un show physique organisé dans son nouveau showroom de Via Burlamacchi (un temps détenu par Bikkembergs), transformé pour l’occasion en galerie d’art, où le maître des lieux vient s’assurer auprès du public avant le show que tout se passe bien.

Les espaces sont couverts de marbre blanc tout comme les longues tables centrales sur lesquels sont posées les œuvres d’art du styliste. On peut y admirer une copie revisitée de la sculpture grecque antique du groupe de Laocoon, où le personnage central est chaussé de sneakers Philipp Plein, ainsi que des monstres baptisés "Lil Monsters". Une série de sculptures pop de personnages ludiques aux gros yeux, semblant sortis des films animés des années 2000, se situant entre les Pac-Man du célèbre jeux vidéo et les créations de Jeff Koons.

Tous ces personnages sont reproduits sur les vêtements de cette collection pop, colorée et joyeuse, envahissant chemises, survêtements, sacs, bobs, mini robes strassées ou maxi doudounes et longues fourrures. Un chandail jacquard rouge affiche un sympathique monstre alligator, tandis que des tags ornent des pull-overs portés en mini robes. En sneakers et blousons Teddy, les jeunes femmes et garçons de ce casting sans aucun mannequin blanc semblent sortis d’un campus pour une virée du samedi soir, se dandinant sur la bande-son disco. Pour l’occasion, les filles ont sorti des escarpins plateformes à talons vertigineux et un manteau étincelant couvert de cristaux.

Magliano, automne-hiver 2022-23 - DR


Changement de décor chez Magliano, qui nous plonge dans le monde de la nuit, installant un bar des bas-fonds au sein du circolo Bellezza, petit cercle social de Milan. Le défilé se déploie dans trois pièces, où les mannequins déambulent langoureusement au milieu des invités, disséminés avec leur chaise dans tout l’espace. La salle d’entrée avec son "ring" symbolique, soit un grand lit double, le bar et la salle de jeu avec au centre sa table de poker.

Les lieux restent dans l’obscurité tout au long du défilé, créant la juste ambiance pour dévoiler la galerie de personnages hauts en couleur imaginés par le designer Luca Magliano, avec leurs élégants pantalons à pinces et leurs grandes vestes à un bouton, tandis que derrière le comptoir éclairé à la bougie deux hommes s’embrassent langoureusement.

Dans ce bar, rebaptisé Magliano, on croise pêle-mêle un vieux sage barbu en chemise scintillante de lurex rouge, l’ado en survêtement, d’où dépasse la grande chemise écossaise, le loulou de banlieue avec son blouson de rocker en sky aux épaules trop larges, le caïd en total look noir, qui cache son visage sous une capuche de sweater, le poète vêtu de rose pâle l’écharpe de satin blanc autour du coup, l’élégant en mocassins et pantalons noir associés à une chic veste en tweed façon "Chanel". Sans oublier le voyageur, muni de chaussures de montagne et chapeau de trappeur fourré, en chandail et cardigan colorés portés sur des pantalons à petits carreaux.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com