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Clémentine Martin
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26 mars 2019
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Nike face à une accusation de discrimination aux Etats-Unis

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
26 mars 2019

Les temps sont délicats pour le Swoosh. Malmené au niveau de son organisation fiscale en Europe, le groupe, numéro un mondial du sport, est vertement critiqué pour sa politique de ressources humaines sur son marché domestique. Un ex-employé de Nike a ainsi récemmentdéposé plainte contre l’équipementier sportif pour discrimination raciale.



L’ancien salarié en question, Ahmer Inam, était directeur senior de l’analyse de données pour Nike depuis 2016. D’origine indienne, le dirigeant a affirmé dans sa plainte qu’on lui avait refusé une promotion, accordée à un dirigeant blanc moins expérimenté. Selon ses déclarations, l’un de ses collègues blancs avec un niveau de diplômes et d’expérience similaire au sien recevait aussi un salaire plus élevé de 75 000 dollars (66 200 euros), rapporte The Portland Business Journal. Ahmer Inam a quitté Nike en décembre 2018.

Dans sa plainte, Ahmer Inam dénonce « une hostilité persistante et des tentatives d’intimidation (à son égard), un traitement bien différent de celui que recevaient les membres blancs de l’équipe (de la part de son ex-supérieur hiérarchique) ». Il demande une compensation économique d’un montant de 516 000 dollars (455 900 euros) ainsi que 350 000 dollars (309 200 euros) de dommages et intérêts et de frais d’avocat.

Il s’agit de la troisième plainte en justice pour discrimination à laquelle Nike doit faire face ces derniers temps. Les deux premières dénonciations faisaient état de sexisme et Ahmer Inam est le premier à dénoncer une discrimination raciale.

En août 2018, les ex-employées Kelly Cahill et Sara Johnston avaient en effet déposé plainte contre la marque à la virgule, l’accusant de discrimination sexiste et notamment de différences dans les salaires et les opportunités de promotion. Elles avaient aussi pointé du doigt une ambiance de travail délétère au siège social de la société à Portland. La plainte est actuellement en train d’être requalifiée en recours collectif.

En septembre 2018, une autre plainte a été déposée contre le fondateur de Nike, Phil Knight, le PDG, Mark Parker, l’ex-président de marque Trevor Edwards et le conseil d’administration de la société. Trois actionnaires de Nike affirment en effet que les accusés ferment intentionnellement les yeux sur l’ambiance de travail toxique dans l’entreprise, malgré ses conséquences sur le moral des employés et sur l’image de la marque.

« C’est vraiment décourageant de voir qu’une société qui se présente comme engagée aux côtés des personnes de couleur échoue lamentablement à régler ses propres problèmes de discrimination en interne », soupire Dana Sullivan, l’avocate du cabinet Buchanan Angeli Altschul & Sullivan LLP qui représente Ahmer Inam. « Le comportement de Nike envers les femmes a été questionné tout au long de l’année dernière, mais les employés de couleur sont aussi pris pour cible. »

Nike n’a pas fait de déclaration directe concernant ces accusations, mais la société s’est tout de même fendue d’un communiqué rappelant qu’elle « condamne la discrimination sous toutes ses formes et s’est toujours engagée pour la diversité et la tolérance ».

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