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28 juil. 2021
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Transparence de la mode, où en est-on ?

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28 juil. 2021

Pour la sixième année consécutive, Fashion Revolution, mouvement mondial d’activisme dans le domaine de la mode qui fait campagne pour une plus grande transparence des chaînes d’approvisionnement de l’industrie, dévoile l’Index de transparence de la mode. Celui-ci analyse et classe 250 des plus grandes marques et détaillants de mode du monde en fonction de leur divulgation publique des politiques, pratiques et impacts en matière de droits de l’homme et de l’environnement, dans leurs opérations et leurs chaînes d’approvisionnement.


Fashion Revolution. Crédit photo : Jasmine Hemsley.

 
Les mieux notées

En tête de ce classement*, la marque italienne OVS a obtenu le meilleur score en 2021 avec 78% (+44% par rapport à 2020), suivie de H&M à 68%, Timberland et The North Face à 66%, C&A et Vans à 65%, Gildan à 63%, Esprit et United Colors of Benetton à 60%, Tommy Hilfiger, Calvin Klein et Van Heusen à 59% et Gucci, Target Australia et Kmart Australia à 56%.

Fashion Revolution souligne la transparence croissante des grandes marques mais estime que les progrès sont trop lents sur les questions clés telles que les pratiques d’achat, les salaires de subsistance, la surproduction, l’utilisation de l’eau et les émissions de carbone dans la chaîne d’approvisionnement. Aucune marque n’a ainsi obtenu un score supérieur à 80% parmi les 250 points possibles.
 
Les moins bien notées

20 grandes marques obtiennent une note de 0% notamment Belle, Big Bazaar, Billabong, Celio, Elie Tahari, Fashion Nova, Heilan Home, Max Mara, Mexx, New Yorket, Quiksilver, Pepe Jeans, Roxy, Tom Ford ou Tory Burch. Un certain nombre ont même chuté dans le classement comme Wrangler qui a perdu 24 points entre 2020 et 2021.

Pour autant, l’indice de transparence a pour but d’encourager les grandes marques à divulguer des données essentielles pour une plus grande transparence des chaînes d’approvisionnement. Point positif: davantage de grandes marques, soit près de la moitié (47%), dévoilent désormais leurs fabricants de premier rang, contre 13% depuis la première édition de l’index en 2016. Elles sont également 11% à dévoiler des informations sur certains de leurs fournisseurs de matières premières contre 7% en 2020 et 0% en 2016.


Index de transparence de la mode 2021, Fashion Revolution.

 
L’impact Covid

Pour autant, avec la pandémie, l’industrie mondiale de la mode a été bouleversée et le secteur a reculé sur de nombreuses questions relatives aux droits de l’homme et de l’environnement. "Les annulations de commandes durant le Covid-19 par les grandes marques de mode ont laissé des millions de travailleurs de l’industrie de l’habillement sans emploi et sans recours, tandis que celles-ci continuent à faire des profits", note Fashion Revolution.

En outre, l’index révèle que très peu de grandes marques (à peine 3%) divulguent publiquement le nombre de travailleurs de leurs chaînes d’approvisionnement licenciés en raison du Covid-19, laissant une image incomplète de l’impact socio-économique négatif auquel les travailleurs ont été confrontés tout au long de la pandémie. Moins d’un cinquième (18%) des grandes marques révèle le pourcentage d’annulations complètes ou partielles de leurs commandes.

Tandis que les paiements aux fournisseurs ont été retardés et que moins de 10% des marques publient une politique de paiement de ceux-ci dans les 60 jours, ce qui signifie que les vêtements sont souvent portés par les consommateurs avant que les marques aient payé les usines qui les ont fabriqués.
 
Vers une meilleure législation


Enfin, les grandes marques divulguent très peu d’informations sur leurs efforts pour lutter contre la surproduction, l’utilisation du plastique et les déchets, malgré l’urgence de la crise climatique. Elles sont seulement 14% à confier la quantité globale de produits fabriqués chaque année, ce qui rend difficile la compréhension de l’ampleur de la surproduction mondiale.

De ce fait, l’étude plaide en faveur d’une législation plus forte et mieux appliquée pour prévenir les violations des droits de l’homme et de l’environnement, pour les travailleurs de l’industrie de la mode, et exiger des entreprises qu’elles contrôlent et rendent compte des résultats de leurs efforts. Et si les marques échouent, la législation devrait garantir des sanctions et des réparations significatives pour les préjudices subis.


*Le classement est basé sur un questionnaire permettant à chaque marque d'acquérir jusqu'à 250 points au total. Les notes finales ont ensuite été converties en pourcentages et arrondies au nombre entier le plus proche.
 

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